Traiter de la relation entre personnels de direction et corps enseignant revient à se placer au carrefour de deux malaises profonds de personnes censées coopérer pour relever un défi de tous les contraires. Représentant de l’État, le chef d’établissement a pour mission de susciter et de gérer une démocratie locale. Chef hiérarchique d’un fonctionnaire lié par un contrat de droit public, il n’en maîtrise ni le recrutement ni le statut. Ancien enseignant (ou recruté dans le système éducatif), il lui est demandé de se structurer à partir de son expérience mais tout autant de s’en débarrasser. Quant à l‘enseignant, placé sous la responsabilité d’un chef d’établissement, c’est une tierce personne, hors de la relation quotidienne, qui évalue et pèse sur l’avancement de carrière. Pourtant, jamais la coopération n’a été aussi féconde, dans une approche consensuelle de diagnostic des problèmes lourds posés au système éducatif. Troisième volet d’une réflexion sur l’EPLE, l’auteur, enseignant, récuse l’approche psychanalytique d’un recrutement incestueux pour ne retenir que la réalité du travail commun qui résiste à l’assaut permanent des dispositions contradictoires avec la notion d’autonomie et le fonctionnement local apaisé.