La revue Administration et éducation À paraître

 

N° 165 – 2020/4 – mars 2020

Spécial Canada

Deuxième plus grand pays du monde en superficie, traversé par les cultures différentes de ses dix provinces et de ses trois territoires, en charge des problèmes spécifiques des autochtones – dont les First Nations , le Canada présente autant de systèmes éducatifs distincts, qui possèdent chacun une dynamique et des principes d’organisation spécifiques et des modes de régulation qui combinent un pilotage sur quatre niveaux, du fédéral à l’établissement en passant par la province et les commissions ou conseils scolaires.

Dans le même temps il accueille, par tradition, de nombreux immigrants d’origine très variée.

Or, l’intégration scolaire des nouveaux arrivants et des publics en difficulté y est plutôt réussie, et PISA a attiré l’attention sur des résultats scolaires de qualité – notamment ceux de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec. Quelques universités sont également reconnues  pour leur excellence dans les classements internationaux.

C’est dire si ces réussites peuvent surprendre un public français, qui ne met pas toujours en doute l’opérationnalité, voire la supériorité d’un certain nombre de principes auxquels il est historiquement attaché : la centralisation du système éducatif, l’égalité uniforme, le rejet du multiculturalisme, l’élitisme républicain, etc. Comment expliquer qu’un pays aux structures aussi décentralisées en éducation que le Canada arrive à être à la fois performant et relativement équitable ? Qu’en est-il de la redevabilité ? Comment le suivi des systèmes éducatifs et du rendement académique se fait-il ? Que fait-on des évaluations, en quoi influencent-elles les prises de décision ou les solutions développées, en termes de priorités retenues, de formation et de professionnalisation de l’enseignement ? Autrement dit, comment s’opère la gestion du changement ?

À la suite du tableau à la fois historique et descriptif d’une réalité complexe, la réponse à ces questions nous sera apportée dans ce numéro par des travaux universitaires, des témoignages, parfois des billets d’humeur. Sans jamais se poser en exemples, sans masquer difficultés, insuffisances et incertitudes, nos interlocuteurs Canadiens nous décrivent une réalité multiforme à travers deux entrées : les pratiques de gouvernance – depuis les orientations ministérielles jusqu’au niveau du chef d’établissement -, et l’importance des pratiques d’évaluation et d’autoévaluation au sein de la classe, avec ce que cela suppose d’efforts en termes de mobilisation, de formation, et d’efforts de collaboration de la part des enseignants.

À travers cette radiographie d’un grand pays, il n’est pas exclu que nous en apprenions aussi sur notre propre compte, en étudiant la diversité de solutions possibles face à des enjeux et des problématiques éducatives finalement très proches des nôtres.