La revue Administration et éducation À paraître

N° 171 – 2021/3 – septembre 2021

Parcours, mobilités, territoires :
pour une fabrique des possibles

 

Coord. : Geneviève Gaillard, Isabelle Klépal et Lydie Klucik

 

Le système éducatif – parce qu’il se préoccupe légitimement de l’avenir
des élèves qui lui sont confiés – n’a jamais été avare de circulaires censées
régir ce que l’on appelle communément l’orientation et de dispositifs censés
régler la question du choix de la voie à suivre. Ces textes, dispositifs et
autres mécaniques d’orientation et d’affectation se sont succédé au gré des
lois d’orientation et de programmation, jusqu’aux derniers avatars connus,
tels que Parcoursup. Cette façon de faire relève d’une vision et d’un pilotage
centralisés, alors même que la dimension territoriale est aujourd’hui
majeure, et masque dangereusement les ruptures qu’elle engendre. Elle
accentue aussi le décalage entre les attentes de la société, cristallisées dans
celles des familles et des élèves eux-mêmes mais aussi celles du monde
économique, et un système éducatif compact, peu fluide, marqué
durablement par des successions de discontinuités et de ruptures, par des
conseils de classe figés dans un rituel archaïque de « propositions » et de
« décisions » d’orientation, par des choix à opérer ou des non-choix à subir,
d’autant plus tôt que l’on est en difficulté scolaire ou sociale, souvent les
deux. Ce qui devrait s’accomplir en toute connaissance de cause, dans
l’appréhension objective des cheminements individuels, des capacités et
des aspirations de chacun, montre en fait que l’éventail des possibles
et l’horizon sociogéographique ne sont vraiment pas les mêmes pour tous.
Or, là est tout l’enjeu : dans un monde devenu changeant et exigeant en
termes de compétences et d’adaptation en permanence à toutes sortes de
mobilités, comment former l’individu et le citoyen d’aujourd’hui et, surtout,
de demain ? Comment ouvrir aussi largement que possible le spectre des
choix ? Comment informer sans déformer ? Comment entretenir une
disponibilité active non exclusivement centrée sur une préparation à des
métiers néanmoins essentielle ?
Bref, un vrai pari sur l’avenir, qui nous conduira à nous interroger dans
trois directions : celle de la formation, celle de la régulation de l’offre et de
la demande, celle enfin d’un système éducatif étreint par des contradictions
qui l’affaiblissent dans un contexte mondialisé.
Françoise MOULIN CIVIL
Présidente du conseil scientifique du 42e colloque de l’AFAE